
Nous parents de Maxence, voici comment nous avons vécu les évènements judiciaire et ce que nous pensons du jugement:
La procédure
pénale a duré 20 longs mois interminables, de souffrance en souffrance,
d’angoisses, d’incompréhensions.
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Attente jusqu’en janvier 2003 sans avoir aucune idée de quand
nous aurions des nouvelles.
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Consultation du dossier d’instruction en janvier
2003 dans des conditions atroces (lieu,
considération, respect d’intimité…).
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Passage devant la chambre
du conseil en avril 03, aucun
respect des victimes, où le président de la chambre du conseil m’a pris moi
(Maman de Maxence) pour la conductrice
qui a assassiné mon enfant. Et cela à deux reprises en 5 minutes de temps.
Aucune excuse de sa part.
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Longue
attende pour obtenir une première date
d’audience : 09 octobre 03.
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Le 09 octobre
03 : les premières plaidoiries, la première fois que nous voyions Madame François. Un stress, une
douleur, une souffrance…. Inimaginable….
La conductrice n’aura aucune attitude de remords, de réaliser ce qu’elle
avait commis.
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Le 06 novembre 03, nous attendions le jugement qui non seulement n’a pas eu lieu mais en
plus une
demande d’enquête sociale est demandée. Une
attende commence jusqu’au 27 janvier 04. Notre avocat pense très fortement que
le juge va donner des TIG. (Travail d’intérêt général). Nous sortons du
tribunal en colère, les jours qui vont suivre seront très difficile à vivre
pour toute notre famille. Madame François n’était pas là ,ce jour là. (attitude
trop facile bien sûr).
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Le 22 janvier 04, nous avons accès aux résultats de l’enquête sociale. Cette enquête est considérée positive par la justice pour que
Madame François ait comme sanction des TIG au lieu de la prison. Plus d’autres
choses que nous lisons qui nous meurtris encore un peu plus.
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Le 27 janvier
04 : audience avec plaidoirie de l’avocat de la défense. Cette plaidoirie fût insoutenable, c’est le moment qui
fût le plus douloureux pour nous parents. Explications pourquoi elle était
devenue alcoolique, explications de la « souffrance » de la
conductrice…. Que sa vie était foutue car suite à l’accident, son mari avait
demandé le divorce etc…Son avocat a plaidé pour un petit retrait de permis de
conduire sinon sa cliente serait déclassé socialement etc…
Le substitut du Procureur du Roi (Monsieur Delforge) heureusement pour
nous a continué une plaidoirie demandant la prison ferme, ainsi que
l’annulation du permis.
Nous sortons de cette audience, le cœur brisé, la douleur est intense.
Les jours qui suivirent furent encore plus pénibles, l’attende du
jugement.
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Le 05 février
04 : jour du jugement. Nous nous attendons au pire, càd une non-reconnaissance de la part de la
justice, des TIG et un simple retrait de permis.
Nous voulons ici dire ceci à propos du
jugement :
Le matin, juste avant de partir au
tribunal, notre fils Bertrand (10 ans) a dit ceci « quoi que monsieur le
juge décide aujourd’hui, nous
ne serons jamais gagnant car Maxence est mort et ne reviendra plus
jamais».
C’est l’horrible réalité.
Nous parents sommes sortis un peu plus
sereins du tribunal pourquoi ?
o Tout d’abord la plaidoirie du juge fut argumentée
parfaitement, il a reconnu les faits volontaires de boire et de conduire. Que
la conductrice était incapable de se gérer…. Lors de sa longue plaidoirie, nous nous sommes sentis
reconnus dans notre souffrance, dans notre
drame. Le juge a reconnu la mort de Maxence comme un drame
et non pas un banal accident de la route.
Nous savons que sa plaidoirie n’alourdit pas la peine de la coupable mais
nous aide en tant que parents.
o Oui le délit de fuite
est rejeté,
elle est acquittée au bénéfice du doute, c’est très difficile
a admettre. Elle a été reconnue trop
inconsciente à ce moment là et de plus, c’est horrible à dire comme cela, mais
la distance entre l’endroit où Maxence a été touché et où le véhicule a été
stoppé est trop court.
o Oui, la conductrice n’était même pas là lors de la lecture
de son jugement. Nous sommes totalement révolté face à la possibilité que le coupable ne
soit pas obligé d’assister à toutes les
audiences et à son jugement.
Nous sommes tout à fait d’accord qu’il faut se battre pour faire changer
cela.
o Le fait qu’il n’y a pas d’arrestation immédiate est qu’il
faut attendre les 15 jours pour une demande d’appel.
A ce jour nous n’avons toujours aucune nouvelle.
o Nous trouvons que la durée du retrait de permis est trop courte, le juge pouvait donner maximum
5 ans.
Nous préférons 4 ans de retrait de permis mais annulation de
celui ci, plutôt que 5 ans de retrait pure et
simple.
Pour nous, Madame François aura 57 ans quand elle aura le droit de
représenter son permis. Vu la difficulté actuelle de le passer et vu les dégâts
au cerveau de 10 ans d’alcoolisme. Il n’est pas sûr qu’elle ait son permis un
jour.
o Oui, elle peut conduire sans permis. Mais la justice a au
moins pris une décision, ses responsabilités et si elle est prise…
Pour nous, il y a quand même une
reconnaissance de la part de la justice.
o Il est certain que 6 mois de prison ferme, ne sont rien face à l’acte
abominable qu’elle a commis. Oui, le juge pouvait donner jusqu’à un an de prison ferme.
Mais nous, nous sommes quand même soulagés qu’elle n’ait pas eu des TIG
avec la moitié des heures en sursis. Comme c’est la tendance dans les tribunaux
actuellement.
o Heureusement qu’elle n’a pas été considérée comme une
malade au yeux de la justice car alors elle n’aurait eu aucune condamnation.
Elle aurait simplement dû aller suivre une cure de désintoxication ( désolés de
le dire mais les alcooliques qui réussissent à s’en sortir, ils ont la volonté
alors la cure est efficace). Vu qui est la coupable, tout les doutes sont
permis ………
La guidance psycho-médico-sociale qu’elle aura durant 3 ans est quand
même une contrainte pour elle. Nous espérons que cela la stressera.
Désolés de conclure en disant ceci : qu’elle sorte de l’alcoolisme
ou non. On s’en moque. Le tout c’est que plus jamais elle ne fasse subir à une
autre famille ce que nous vivons chaque instant.
L’avocat de la défense Maître Gérard a même déclaré à la presse que le
jugement était sévère, car le juge
n’avait pas été insensible à la pression médiatique, la pression de la famille
et la pression des parents d’enfants victimes.
Merci au GAR.et PEVR.
Oui, la
conductrice s’en tire avec rien par rapport à la mort d’un enfant, à toute
notre souffrance. Mais aucune condamnation ne sera suffisante aux yeux de
parents dont leur enfant a été assassiné.
Cela n’engagent que Patrick et moi mais nous estimons quand même que la
justice a un peu avancé.
Cela ne veut
absolument pas dire que le combat pour
une meilleure justice est terminé, loin de là.
Patrick et Françoise Genette

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