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B. F.
© La Dernière Heure 2002
Fatigue et
vigilance
|
La
plupart des accidents liés à l’assoupissement surviennent la nuit
entre 0h et 6h et le jour entre 13h et 16h. 4 fois plus d’accidents sont
liés à l’assoupissement en fin de parcours et 65% des accidents
corporels ont lieu à moins de 15 km de chez soi, sur des trajets
quotidiens et connus, que l’on considère comme « sans risque ». |
La conduite
automobile est une activité fatigante qui entraîne une diminution de la
vigilance. On estime qu’après 2 heures de conduite, le conducteur
n’est plus dans un état optimal de réaction face à un événement. Son
temps de réaction est au mieux de 2 secondes. Il multiplie donc par 2 la
distance parcourue pendant le temps de réaction « normal » de 1 seconde.
Cette augmentation est due, en grande partie, à une fatigue visuelle. En effet,
au volant, ce sont 90 % des informations qui passent par les yeux et qui
doivent être ensuite analysées pour pouvoir déclencher, si nécessaire, un
acte.
Formes de baisse de vigilance
L’inattention
La conduite
n’est pas une activité qui exige constamment une très grande attention. Tout
en conduisant, il est possible de penser, de parler ou encore d’écouter la
radio. Ces occupations n’ont pas nécessairement un effet négatif sur la sécurité.
Elles peuvent même favoriser le maintien d’un certain niveau d’attention.
Cependant, elles deviennent dangereuses si elles interfèrent avec la conduite,
c’est-à-dire si elles empêchent le conducteur de percevoir un danger ou un
indice annonçant un danger, ou bien si elles gênent ou retardent une action
sur les commandes du véhicule. L’attention n’est plus portée à la
conduite mais est détournée par des facteurs extérieurs, comme par exemple,
les enfants qui jouent à l’arrière du véhicule. L’inattention peut également
être liée à un effet de routine (trajet effectué quotidiennement) qui
provoque un oubli du contrôle du véhicule.
La
fatigue
La fatigue est
principalement due à la longueur du trajet, à l’état physique du conducteur
au moment du départ et à la monotonie du parcours.
La
somnolence
La somnolence
se définit comme l’instant situé entre veille et sommeil ou entre sommeil et
éveil. Chez un sujet « normal », la somnolence décroît du lever
jusqu’aux environs de midi où elle atteint son minimum. Elle augmente
brusquement entre 13 h 00 et 15 h 00 pour ensuite revenir
aux valeurs de la matinée jusque 20 h 00. L’absorption de certaines
substances (alcool, drogues, médicaments) peut aggraver la somnolence.
Effets sur la vision
Des possibilités
d’éblouissements, de troubles de l’accommodation et une vision brouillée
sont à craindre. Tous les produits sédatifs peuvent se révéler dangereux en
altérant la vigilance du conducteur à travers différents mécanismes. Le
manque de sommeil ne se traduit pas seulement par le fait de s’endormir au
volant, mais aussi par un rétrécissement du champ visuel, des troubles de la mémoire
à court terme et un ralentissement des réflexes.
La vision de
l’automobiliste devient approximative car il y a baisse de l’acuité
visuelle. Le champ visuel périphérique est réduit, l’œil ne percevant plus
l’environnement immédiat de la route et n’évaluant plus correctement la
rapidité et le sens des déplacements des objets en mouvement, il supporte plus
difficilement tout stress lumineux.
Effets
sur la conduite automobile
La fatigue de
l’automobiliste se manifeste au niveau musculaire, nerveux et visuel. Après
quelques heures de conduite, il est normal d’être fatigué, surtout si on
n'est pas entraîné à faire de longs parcours et, tout particulièrement, si
on est un conducteur débutant. La fatigue rend le conducteur nerveux, anxieux.
Ses gestes sont moins prompts et moins précis et il a souvent tendance à
rouler trop vite et à moins bien évaluer sa vitesse et celle des autres. Il
arrive en outre que la fatigue bloque des automatismes utiles et libère des
automatismes nuisibles parce que inadaptés.
Situations
à risque
Les
cas où la conduite est monotone
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circulation
peu dense |
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paysage
sans attrait, absence d’agglomérations |
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route
droite ou autoroute |
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conduite
de nuit |
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pluie
(les battements réguliers des essuie-glaces) |
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absence
de passager |
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trajet
habituel |
La
somnolence se fait particulièrement sentir dans les situations suivantes :
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état
de fatigue |
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conduite
monotone |
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digestion
difficile |
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absorption
d’alcool |
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chaleur
excessive dans la voiture et aération insuffisante |
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sommeil
des passagers surtout si l’on conduit à heure inhabituelle
correspondant habituellemnt à une période de sommeil |
Signes
de fatigue
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crispations
douloureuses du cou et des épaules |
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désir
fréquent de changer de position |
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impression
que les autres conduisent mal |
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picotements
des yeux |
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besoins
de se gratter la tête, de se masser la nuque |
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impression
d’être serré dans ses vêtements |
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tête
lourde |
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impression
bizarre que la voiture ne fait plus le même bruit |
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brefs
« passages à vide » de la conscience de soi |
Conseils
pratiques
Prévenir
la baisse de vigilance
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aérer
le véhicule, ouvrir une vitre |
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régler
la climatisation pour réduire la température |
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faire
fonctionner la radio, écouter une cassette |
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effectuer
des pauses fréquentes d’une durée de 10 à 20 minutes |
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sur
autoroute s'arrêter sur une aire afin de se détendre et de marcher |
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boire
beaucoup d’eau et éviter les aliments riches en graisse |
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parler
avec les passagers et ne pas garder le regard figé sur l’axe du tracé |
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en
début d’après-midi et pendant la nuit, si le besoin s’en fait
sentir, s’arrêter et dormir un peu. Sur autoroute, il y a une aire de
repos tous les 15 à 20 km et une aire de service tous les 40 à 50 km |
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respecter
les distances de sécurité |
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si
le voyage doit dépasser 8 à 10 heures, s’arrêter et
passer une nuit normale de sommeil avant de poursuivre son trajet |
Retarder
la fatique
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se
reposer avant de partir |
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choisir
avec soin l’horaire du voyage et l’itinéraire de façon à conserver
autant que possible les rythmes veille/sommeil habituels |
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régler
correctement le siège et le dossier (en modifiant un peu le réglage du
dossier, le changement de position atténue la fatigue du dos et des épaules) |
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manger légèrement,
boire abondamment des boissons non alcoolisées |
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dormir
correctement les nuits précédentes (1 à 2 h de sommeil
en moins par nuit = une nuit blanche au bout de 4 ou 5 jours) |
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attention
aux médicaments. Certains peuvent gêner la conduite, entraîner ou
favoriser des accidents en modifiant la vigilance, entraîner une
somnolence. Il convient de vérifier la notice et de s’informer auprès
d’un médecin |
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prendre
la route après une nuit de sommeil réparateur (environ 7 heures) |
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se
lever à l'heure habituelle. Se lever à une heure inhabituelle, c’est
partir avec une vigilance amoindrie et un risque accru d’accident |
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avant
de prendre la route, absorber un petit déjeuner consistant et une boisson
stimulante (thé, café) à dose modérée |
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éviter
de partir après une journée de travail |
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avant
un voyage de nuit, faire une sieste préventive d’environ 1h30 |
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de
nuit, la vigilance est amoindrie. Elle est à son minimum entre 3h et 6h |
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ne
pas fixer d’heure d’arrivée |
Réactiver
sa vigilance
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faire
une pause prolongée, dormir si possible |
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passer
le volant à un autre conducteur |
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ne
pas accélérer pour arriver plus vite ; au contraire, réduire
l’allure car rouler vite augmente la fatigue |
Conduire
et téléphoner en toute securite
Si le téléphone
offre de nombreux avantages lors d’un déplacement en voiture, il est
important de respecter un certain nombre de règles et d’avoir un comportement
responsable en toute circonstance.
C’est
toujours la conduite qui doit réclamer prioritairement l’attention du
conducteur.
Téléphoner
en voiture ne veut pas dire téléphoner en conduisant. Si le téléphone sonne,
le conducteur doit préciser à son interlocuteur qu’il est au volant. Il
rappellera confortablement plus tard.
Des solutions
pour ne pas « lâcher le volant « existent. Les dispositifs
« mains libres », la mémorisation des numéros et l’utilisation
de la messagerie vocale en font partie.