| L’héroïne est tirée de l’opium brut, qui est un suc séché produit par le pavot blanc. Sur le marché noir, elle est vendue sous forme de poudre ou de cristaux de couleur blanche ou beige. Elle est toujours coupée avec d’autres substances, comme le sucre de raisin, l’aspirine ou encore avec de la strychnine. Des coupages avec d’autres drogues - qui sont alors encore plus dangereux - sont eux aussi vendus, comme par exemple le speedball, mélange d’héroïne et de cocaïne. L’héroïne n’est plus à la mode! En Suisse, à peine 1% des 15 à 40 ans a déjà consommé une fois cette drogue dans sa vie. |
Mode de consommation
L’héroïne est dans la plupart des cas injectée par voie intraveineuse, le
«fix». Elle peut aussi être inhalée («chasser le dragon»), mangée, sniffée
ou fumée. Du coup, la puissance des effets de l’héroïne ainsi que les
risques pris sont différents. Consommée par injection intraveineuse, l’héroïne
produit un effet très fort et comporte des risques extrêmement élevés: abcès,
empoisonnement du sang, embolie, hépatites et infection HIV.
Effets
L’effet immédiat de la prise d’héroïne, le «flash», ressenti
essentiellement lors d’injection, procure un état de bien-être
extraordinaire. Ces premiers sentiments d’euphorie, de plaisir et
d’insouciance sont très rapidement remplacés par une somnolence et un repli
sur soi, rendant indifférent à tout ce qui se passe autour de soi. L’effet
de l’héroïne dépend toutefois de la dose et de la qualité de la drogue;
or, il est impossible de connaître celle-ci, puisque n’importe quoi peut être
vendu sur marché noir.
Toujours plus
L’héroïne peut rendre fortement dépendant, physiquement et psychiquement.
Sur ce point, c’est une des substances les plus dangereuses. L’envie d’en
reprendre pour expérimenter à nouveau les effets peut se transformer en
besoin, qui mène à la perte du contrôle de la consommation: encore une fois,
et encore, encore...
Petit à petit, le corps s’habitue au produit et la dose doit alors constamment être augmentée pour ressentir les mêmes sensations qu’au début. Au fur et à mesure, les effets disparaissent, jusqu’au moment où la personne dépendante consomme seulement pour ne pas ressentir le manque et être «le moins mal» possible.
L’effet d’une dose d’héroïne dure entre cinq et huit heures. C’est pourquoi beaucoup d’héroïnomanes en consomment environ trois fois par jour. Pour se procurer l’argent nécessaire, ces personnes recourent souvent à la petite criminalité ou à la prostitution; la dégringolade sociale est une des plus graves conséquences de la dépendance à l’héroïne.
Le manque
Tremblements, transpiration, douleurs musculaires, problèmes de sommeil et fièvre
sont les symptômes de manque physique les plus fréquents; ils sont souvent
comparés à un état de très forte grippe. Ces effets durent sept à dix jours
en cas de sevrage «à sec».
Overdose
Selon les individus, les dosages et les mélanges, la consommation d’héroïne
peut conduire à une intoxication dangereuse, voire mortelle. En plus, comme
personne ne sait vraiment ce qu’il prend et la proportion réelle d’héroïne
dans la dose, les risques d’overdose (surdose) sont grands. A cela
s’ajoutent les coupages avec d’autres produits toxiques, eux aussi très
dangereux.
Une overdose provoque une perte de conscience et un état comateux. La peau est alors froide, pâle et bleutée. La respiration devient faible, irrégulière, le rythme cardiaque ralentit.
N’importe qui peut une fois ou l’autre se trouver en présence de quelqu’un qui fait une overdose. Il faut alors tout de suite appeler les urgences et rester auprès de la personne en lui donnant les premiers secours. Cela peut sauver une vie - même si parfois cela semble sans espoir - et permet ensuite au médecin d’en savoir un peu plus sur ce qui est arrivé.
Des risques incalculables
Essayer l’héroïne «juste pour voir» comporte des risques incalculables!
Overdose et intoxication peuvent se produire la première fois déjà.
Impossible aussi de savoir si on va y rester accrocher ou pas: l’héroïne
procure une impression de facilité, comme si tout devenait simple, sans
importance. Mais vouloir surmonter ses propres difficultés - personnelles,
psychiques - avec l’héroïne ou d’autres drogues est tout simplement
illusoire et risqué.