L’alcool éthylique, ou éthanol, est la substance chimique de base contenue dans toutes les boissons alcooliques. Il est généralement produit par la fermentation de fruits, de légumes ou de céréales. Les boissons fermentées contiennent au maximum 15% d’alcool pur (vin, bière, cidre). Les boissons distillées, tels que les spiritueux, apéritifs et eaux de vie peuvent contenir jusqu’à 45% d’alcool pur.
Comme on vient de le voir, les boissons alcooliques sont donc plus ou moins fortes ou chargées en alcool pur. Elles peuvent être également fabriquées selon diverses recettes, aromatisées, sucrées, mélangées, colorées, etc. Ce qui reste cependant déterminant pour apprécier l’effet, ce n’est pas leur composition, mais l’alcool pur qu’elles contiennent, qui est toujours la même substance, et produit toujours le même effet. Dans les établissements publics, les boissons alcooliques sont généralement servies en quantités standard, c’est à dire qu’elles contiennent toutes à peu près 12 grammes d’alcool pur.
| Proportion (volume) | Alcool pur par litre | alcool pur par quantité standard | |
| Bière |
5% |
40 gr. |
12 gr. |
| Vin |
10% |
80 gr. |
12 gr. |
| Apéritif |
30% |
240 gr. |
12 gr. |
| Eau de vie |
45% |
360 gr. |
12 gr. |
Introduit dans le corps humain sous forme de boisson alcoolique, l’alcool passe en quelques minutes dans le sang qui le véhicule alors dans tous les organes, dont les plus sensibles sont le cerveau et le foie. La durée d’élimination de l’alcool est presque absolument indépendante de l’activité physique fournie, ou de la température ambiante, ou de l’habitude de boire. L’alcoolémie, exprimée en pour mille (0/00) est la quantité d’alcool pur, en grammes, contenue dans un litre de sang. Du fait du passage rapide de l’alcool dans le sang, l’alcoolémie commence presque immédiatement après l’absorption d’alcool. Elle atteint son maximum en moins d’une heure et ne décroît que lentement. En effet, l’élimination de l’alcool se fait au rythme lent de 0,1 pour mille par heure.
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Taux d'alcoolémie |
Conséquences |
| à partir de 0,2 pour mille | Déjà, la capacité visuelle est modifiée, et l’attention, la concentration, la capacité de jugement, la rapidité des réflexes sont altérées. |
| à 0,8 pour mille | La capacité visuelle est réduite de 25%, et le temps de réaction augmente de 30 à 50%. A cela s’ajoute une importante désinhibition (on se croit le meilleur!) et des troubles de l’équilibre et de la motricité. |
| entre 1 et 2 pour mille | L’ivresse apparaît de manière plus ou moins accentuée, et elle est très évidente entre 2 et 3 pour mille, avec des troubles marqués de l’équilibre et du raisonnement, des troubles de l’élocution, de la confusion mentale et un relâchement de tous les muscles. |
| à partir de 3 pour mille | Le risque de coma éthylique est évident. |
| autour de 4 pour mille | On ignore souvent que l’alcool peut provoquer des overdoses mortelles. A ce stade on perd conscience, et la mort peut survenir par arrêt respiratoire. Il est relativement rare qu’on atteigne cette limite car on s’endort généralement avant. Mais cela peut arriver notamment lors de concours de boissons où on met des gens au défi de boire des quantités importantes en très peu de temps. Cela peut arriver également aux jeunes et aux enfants, dont l’organisme est beaucoup plus vulnérable à l’alcool que celui des adultes. (Un enfant peut déjà être ivre à 0,5 0/00) |
La consommation excessive d’alcool provoque chaque année en Suisse des dégâts et des dommages pour près de 3 milliards de francs (8 millions de francs par jour). Ces coûts découlent de la perte de productivité par suite de maladie, accidents et décès prématurés; des frais de traitement et des dégâts matériels.
Chaque année, 2500 à 3000 personnes meurent à cause de l’alcool. Près de 400’000 personnes ont une consommation à haut risque. Les risques liés à la consommation excessive se manifestent par rapport à la santé, la situation sociale (difficultés professionnelles, conjugales, sociales) et la dépendance (nécessité de boire pour fonctionner " normalement "; nécessité d’augmenter les doses, perte de maîtrise de sa consommation.)
Lorsqu’on est dépendant de l’alcool (il en va de même pour certaines drogues et certains médicaments), des symptômes physiques désagréables ou dangereux peuvent apparaître quelques heures après l’arrêt de la consommation (tremblements, douleurs, convulsions, palpitations, hausse de la tension artérielle, angoisses, tendances dépressives).
A long terme, les effets négatifs de l’alcool et les dommages qu’il cause concernent:
le cerveau: lésions éventuelles, altération progressive de la personnalité, affaiblissement de la mémoire, problèmes de concentration, altération des facultés de raisonnement.
les vaisseaux sanguins: hypertension artérielle, risques d’hémorragie cérébrale
le coeur: atteinte du muscle cardiaque
le foie: surcharge graisseuse, cirrhose du foie
le pancréas: inflammations aiguës
l’estomac: gastrite, ulcères
les nerfs: polynévrites
Si la consommation modérée d’alcool procure du plaisir et favorise la vie sociale, il n’en va pas de même pour la consommation excessive ou dépendante. Celle-ci est susceptible de perturber gravement la vie sociale et familiale. L’alcool est présent dans ¼ des divorces et dans la majorité des cas de mauvais traitements d’enfants. Aussi bien la personne directement concernée que ses proches sont alors confrontés à des souffrances importantes, qui naturellement ne peuvent s’exprimer ni en chiffres ni en symptômes, mais qui portent lourdement atteinte à la qualité de la vie.