Tolérance Zéro !!!

 

Alcool et tolérance 0 sur la route : pour ou contre ?

 

La question de l’alcool au volant me préoccupe à plus d’un titre, pour un tas de bonnes et mauvaises raisons qu’il serait trop long de définir dans le cadre de ce billet d’humeur : les états d’âme, d’accord, mais pas trop.

 

Lors du récent Colloque (05/12) « Sécurité Routière : quelle réponse pénale ? », dont les communications fort diversifiées et le plus fréquemment données par des Juristes, il a évidemment été fort question d’alcoolémie routière et de la façon la plus juste ou adéquate de la sanctionner. A ce propos, la France, la Suisse et la Belgique,  les pays représentés à l’occasion de cette manifestation, ne semblent pas prêtes d’unifier leurs règlements respectifs. Soit, ceci fait l’objet d’autres débats.

 

Etonnamment, au cours de cette journée, la tolérance zéro ne fut jamais abordée ; a priori pourtant, c’est une solution séduisante qui résoudrait – théoriquement tout au moins - bien des problèmes de législation en matière de répression, et présentant par ailleurs l’avantage de mettre chaque usager sur un même pied, ou presque : pensez donc, il ne serait plus jamais question de fatigue, de prise antérieure de médicaments, d’état psychologique perturbé, … Bref, police et par conséquent, justice, se laveraient enfin les mains d’excuses en tous genres et âprement défendues par certains avocats sans scrupules qui, trop souvent,  n’ont que faire des victimes innocentes.

 

Mais, direz-vous, où veut-il en venir avec « sa » tolérance zéro, quel est donc bien  le rapport avec la « réponse pénale » ? C’est assez simple : la détection par la Police serait largement simplifiée et ne ferait désormais plus appel à un arsenal de moyens techniques sophistiqués. Resterait seulement la peine à subir dès la moindre incartade et en Belgique, habitués que nous sommes aux tergiversations en tous genres, on sait déjà que ce ne serait pas chose facile…

 

Mais, c’est la volonté qui fait défaut : pas tant celle des usagers, plutôt celle des décideurs, ceux qui nous gouvernent. Et à mon sens (cela n’engage donc que moi), c’est notamment pour cette raison que le sujet n’a pas été abordé lors de ce Colloque dont la langue de bois devait pourtant être exclue : on a peur de parler des intérêts économiques qui sont en jeu en matière d’alcool, avec d’inestimables enjeux financiers.  Le tollé soulevé par les distributeurs de spiritueux et par les métiers dits de la bouche serait tel que la négociation de la tolérance zéro n’est même pas envisageable, ne fut-ce que politiquement.

 

De plus, si l’opinion publique se délecte des arguments contre et pour le tabac à l’occasion du (prochain ?) GP de Belgique , par contre,  ne levez pas le moindre petit doigt sur les  bières, les apéritifs ou les alcools : outrage suprême, blasphème ou simplement, atteinte à la vie privée ...

 

Il resterait seulement à régler le problème des pralines Mon Chéri, du chocolat au rhum et des sauces Grand Veneur par exemple ; pas grave, on fera des amendements à la loi …

 

Albert Gilliquet

09/12/02

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