LES ROUTIERS

                          

 

 

Ces routiers dont on parle tant …

 

Décidément, on en parle beaucoup et le plus souvent, pas en bien. On nous assomme, à juste titre certainement, de statistiques effrayantes nous démontrant que les poids lourds sont impliqués ou responsables d’un nombre impressionnant d’accidents entraînant des tués.  Vu leur poids, ce n’est pas bien difficile à comprendre.

Evidemment, il n’y a pas que le poids : le non-respect du contrôle technique, voire l’absence totale de celui-ci, la vitesse excessive, la fatigue des conducteurs soumis à des cadences infernales, … sont parmi les facteurs les plus souvent cités.

C’est pourtant un autre élément qui m’interpelle : ces derniers temps, je suis en effet effrayé par le nombre affolant de poids lourds circulant sur autoroutes et quittant leur trajectoire pour traverser la berme centrale. C’est alors un miracle lorsque l’accident se termine ainsi.

Alors, toutes les hypothèses sont avancées, la fatigue ou la fausse-manœuvre d’un autre conducteur (de voiture de préférence) sont les causes le plus souvent retenues. Moi, je  veux bien, mais c’est oublier un peu vite peut-être que le routier est avant tout un homme comme les autres, avec ses moments de faiblesse, au même titre que les autres usagers. Ainsi, un moment de distraction peut survenir :  un moment d’inattention, quelle qu’en soit la cause (choisissez : la communication téléphonique, la cigarette dont la cendre s’effondre, le regard un instant tourné vers autre chose, la radio écoutée plus attentivement, …), le camion dévie forcément et le moindre écart se traduit par une bande circulation, puis deux  puis trois lorsqu’il d’une masse de 30t.

 

Si le public retient plus volontiers de tels accidents, c’est précisément parce qu’ils impliquent la plupart du temps des victimes innocentes qui n’avaient a priori qu’un tort, celui de passer par là au mauvais moment. Mais que les automobilistes que nous sommes  fassent leur mea culpa : ça nous arrive chaque jour, mais, généralement, sans  conséquences mortelles (quoique …).

 

Plutôt que proposer une utopique ou illusoire solution miracle, je crois que c’est à nouveau à la base qu’il faut agir : plus qu’il ne l’est actuellement, le routier doit d’abord être convaincu de son énorme responsabilité au sein d’un trafic qui, à côté de son transport, n’est constitué que « d’ usagers faibles » (en moyenne, une automobile doit peser environ 20 à 30 fois moins qu’un poids lourd, c’est selon). Sans aucun risque de me tromper, je peux avancer que les routiers expérimentés, rompus à leur activité, n’y pensent probablement plus assez et sont amenés (pas nécessairement de leur faute, bien au contraire) à placer au second plan le danger qu’ils représentent. Les plus jeunes d’entre eux doivent intégrer cette notion, tandis que pour ceux qui sont actuellement en formation, je suis convaincu que le FOREM par exemple, met tout en œuvre pour leur faire prendre conscience de ce qu’ils sont par rapport aux autres, c’est du moins ce qu’on peut espérer.

Albert GILLIQUET

03/10/02

                 Commentaires !                   

Retour au sommaire

Retour à la page d'accueil

Hit-Parade