Il n’y a pas un seul jour qui s’ouvre sans un
accident causé par une personne âgée ou par un jeune, la tranche 30- 40 semblant ( ?) un peu moins concernée, a priori tout au
moins. Alors, la réaction du public vabon
train : « je l’ai toujours dit, c’est normal, i’sont plus
ceci, moins cela, à c’t âge-là, on ne sait plus, on sait pas encore que,
… »
Le penser ou se contenter de le dire sont deux
choses, mais il reste qu’agir serait probablement mieux. En
effet, il y a maintenant des mois, voire des années, que l’on nous bassine
avec les profonds changements « qui ne tarderont pas à intervenir »
au niveau du permis de conduire mais - et nous croyons être plutôt bien informés
-, rien de vraiment concret n’est apparu récemment. Alors, que faut-il faire ?
Nous ne détenons certainement pas LA solution ; toujours est-il que
des modifications, qui ne feraient pas que des heureux, pourraient être apportées.
En voici quelques exemples :
L’âge d’obtention ne devrait pas changer : 18 ans, après
tout, c’est un âge « raisonnable ».
Un âge limite ne doit pas être nécessairement fixé au départ
et ce, pour laisser aux plus âgés l’autonomie dont ils ont bénéficié
jusqu’alors (la presse s’en est fait l’écho : supprimer le
volant à une personne âgée peut mener au drame). Il s’est également révélé
que certains « seniors » étaient plus aptes à conduire que le
sont pas mal de jeunes. C’est cela l’expérience en plus… Nous verrons
cependant plus loin que l’ âge avancé est loin de constituer une sécurité.
Davantage que la connaissance du Code de la Route, l’accès au
permis devrait être se doubler d’un certificat d’aptitudes physiques et
pas n’importe lequel. Si la vue, comme on le dit souvent, doit
effectivement être optimale, elle devrait être régulièrement contrôlée,
tous les ans par exemple.
Si la vue constitue évidemment un atout majeur, elle est
toutefois loin d’être la seule : en effet, une automobile se
conduit et se maîtrise avec l’ensemble des sens, quoique l’on
en pense (sauf le goût bien sûr !). Ainsi, l’ouie et le toucher
sont probablement plus importants qu’on l’imagine généralement puisque
tous deux permettentà la fois
de mieux appréhender ce qu’il se passedans et hors habitacle, et de mieux « sentir » sa
monture. Ceci est loin d’être anecdotique, les faits divers en témoignent
…
Une simple visite médicale est le plus souvent évoquée :
oui, mais c’est largement insuffisant ; il existe en effet, outre les
sens donc, une pléiade d’autres facteurs médicaux, de prime abord plus
complexes, comme la qualité des réflexes par exemple. Plus que le simple
petit marteau sur le genou, des instruments bien plus perfectionnés sont
aujourd’hui en mesure de les analyser plus complètement que le seul avis
du médecin « à l’œil » (qu’ils me pardonnent). Et puis,
il n’y pas que le seul genou …
La périodicité des ces examens ne doit pas être fixe puisque la
rapidité des problèmes physiques évolue,avec l’âge notamment ; de plus, l’altération des facultés
est fort fonction de l’individu lui-même, et de son « parcours »,
c'est-à-dire les conditions extérieures qui ont été les siennes pendant
un certain laps de temps ; et ceci n’est pas nécessairement
fonction de l’âge.
Un problème subsistera toujours : le permis s’acquiert,
aujourd’hui tout au moins, dans des conditions qui « arrangent »
le candidat, à savoir qu’en toute logique, on ne (devrait pas) se présente(r)
pas à l’examen avec des problèmes de santé ou de stress (en dehors de
celui provoqué par l’épreuve en elle-même). Ce n’est pas au moment
d’une forte grippe qu’on passe son permis, ni en cas de décès d’un
proche par exemple. Or ces dernières circonstances font elles aussi partie
de la vie et jusqu’à preuve du contraire, chacun utilise son véhicule
dans ces circonstances, à condition bien entendu de ne pas être cloué au
lit avec 40° de fièvre.
On l’a déjà dit :
contrôler le conducteur à n’importe quel moment et vérifier qu’il possède
toutes ses aptitudes –physiques et psychiques- (on ne parle pas ici de
l’alcool ou de la drogue) semble difficile, voire tout à fait impossible ( à
moins, bien sûr, que nos amis lecteurs n’aient une idée, géniale si
possible, à proposer …).
Il
existe assurément un tas d’autres facteurs, peut-être plus importants (l’
épineux cas des handicapés par exemple), à prendre en compte : ces
quelques points ont seulement été proposés pour mettre en lumière que
l’obtention du permis de conduire n’est pas une simple affaire de routine,
comme elle l’est pour l’instant. Quant au problème du coût, certainement
non négligeable,ce n’est pas à une association militant en faveur d’un
accroissement de la sécurité sur nos routes qu’il appartient de discuter, et
encore moins de trancher ( mais la vie a-t-elle un prix ?).
Au
demeurant, on notera que les autorités parlent beaucoup moins de
l’acquisition que du retrait ; à nos yeux, c’est une erreur et les
autorités feraient mieux d’attaquer le problème à la base plutôt que sévir
quand c’est trop tard …