« Mise au point» - sécurité routière :
peut mieux faire …
J’ai assisté ce dimanche 16, depuis mon divan,
à l’émission « Mise au point » (RTBF1) consacrée à la sécurité
routière. Etaient notamment invités et présents (dans le désordre)
Renaat LANDUYCK (Spa, Ministre de la Mobilité), Philippe MONFILS (MR, député
fédéral), Isabelle DURANT (Secrétaire fédérale Ecolo), Michel DAERDEN (PS,
Ministre de l’Equipement et du Budget en Région Wallonne – MET), Jean-Pol PROCUREUR (CdH, député au Parlement
wallon, ex-journaliste RTBFF), Francis HERBERT (secrétaire général de l’asbl Parents
d’Enfants Victimes de la Route), Eric ROBERT (avocat rompu
aux arguments à l’encontre des radars), Thierry WILLEMARCK (administrateur
délégué de Touring Secours), Olivier QUISKWATER (Police fédérale et Monsieur Contacts
de la RTBF), Marc POCHET (Président Tribunal de Police de Marche), et l’un ou
l’autre peut-être …
Je n’ai pris aucune note mais on se souviendra
que l’on attendait au tournant le représentant des forces de l’ordre (Olivier
QUISKWATER) puisqu’on lui a fait débiter – comme pour le « coincer »
sur son propre terrain ? - le montant des différentes amendes en fonction
des infractions : peine perdue, il connaissait « son »
sujet. Certains interlocuteurs, en plus de téléspectateurs, en ont profité – et
c’est logique !- pour faire remarquer aux décideurs que des infractions
somme toute idiotes (voiture non fermée à clé par ex.) coûtaient beaucoup trop
cher en regard de celles qui, par ex.,
ont trait à la vitesse excessive, aux conséquences souvent bien plus
dramatiques. On ne peut dire que c’est faux, bien au contraire !
On a aussi parlé du piteux état de certaines
voiries, surtout en Wallonie : le Ministre LANDUYT (flamand donc) buvait
visiblement du petit lait; il est vrai que les routes défectueuses sont
génératrices d’incidents et d’accidents en tous genres, c’est indéniable ;
mais d’après Michel DAERDEN, on fera tout mais progressivement, en fonction des
budgets bien entendu …
Comme dans toute émission du genre, chacun y est allé de sa petite tirade ; je retiendrai néanmoins les premiers propos de F. HERBERT qui n’a pas hésité à déclarer que PEVR est une association qui ne devrait pas exister et que ses membres ne devraient pas en générer de nouveaux. Et il a raison : nulle asbl de sécurité routière n’aurait dû voir le jour; elles témoignent seulement des énormes carences d’un système plein de failles, et d’une inadéquation totale entre les règlements et l’état d’esprit de certains usagers.
Tout ceci pour en venir au sujet qui fâche,
celui que la plupart des usagers considèrent comme une « pompe à fric »
pour le gouvernement : les radars. Au cours de ces 50’, on a bien essayé
de démontrer le contraire et si l’on est objectif, on peut décemment
reconnaître qu’a priori, le radar n’a pas initialement un but de « machine
à sous » : s’il en tient effectivement le rôle, c’est aussi parce
que les automobilistes ne savent pas se contrôler eux-mêmes. A l’écoute de
l’ensemble de ce qui a été dit ce dimanche, je demeure convaincu que l’on n’a
pas suffisamment insisté sur la mission de prévention que devrait
remplir le radar : il sert bien sûr à ralentir le conducteur, mais
certainement pas au moment de son annonce ou de sa position réelle sur la
chaussée. Pour que les idées soient claires, nous évoquons ici les radars
automatiques, c’est à dire ceux qui sont fixés à demeure et que certains
prennent un malin plaisir à dégrader, avec les énormes risques que cela
comporte (10 jours d’emprisonnement, en plus d’une colossale amende). Alors, à
la question de savoir pourquoi tant d’appareils en Flandres(1000) pour quelques
unités en Wallonie (une vingtaine dans un avenir plus ou moins proche), Michel
DAERDEN, fort discret jusque là, et dans son habituelle truculence liégeoise, a
clairement affirmé être persuadé qu ‘en augmenter le nombre chez nous
ne servirait à rien du tout ! Le plus bel exemple national a cependant été
cité : allusion a en effet été faite au Tunnel sous Cointe où sont rares
les usagers qui osent encore transgresser les 80 km/h de rigueur .
Toujours à propos des radars automatiques, on aura aussi insisté sur le fait que la plupart d’entre eux étaient clairement annoncés, preuve que l’on ne souhaite pas prendre l’automobiliste lorsqu’il s’y attend le moins. Si je peux me permettre une remarque personnelle, j’estime que les radars – fixes ou non- installés sur autoroutes ne devraient pas poser trop de problèmes (hormis pour le portefeuille), pour autant, bien entendu, que certains automobilistes ne se « baladent » pas à 200, alors que d’autres dépassent à peine les 100 km/h : ceci est une extraordinaire prise de risques. Quant à l’argument très à la mode pour le moment, et qui consiste à ce comparer ce qui se fait en la matière en France et en Allemagne (on parle toujours d’autoroutes), il ne tient pas debout : nos systèmes autoroutiers respectifs n’ont rien en commun et avec son nombre de entrées / sorties extrêmement élevé, la Belgique n’est assimilable à aucun autre pays ; par ailleurs, et ce n’est pas qu’un détail, la mentalité des conducteurs allemands est telle que, chez eux, des voitures très puissantes peuvent rouler aux côtés d’automobiles plus lentes. Le cas des Français est différent puisque l’on a dû attendre qu’une réglementation des plus sévères soit mise en place pour constater la diminution du nombre d’accidents, et partant, celui des tués. Chez nous, la réduction du nombre de victimes, même si elle est palpable dans les chiffres, n’est pas encore suffisante : on espère – 50% en 2010 ; on verra … En ce qui concerne les radars placés sur des voies rapides ou dans des agglomérations (certaines rues sont parcourues à une allure folle), ils sont trop peu nombreux. A force d’impunité, le « cow boy » de la route récidivera dans ses excès et seul un accident sera de nature à le freiner. Encore que …, puisque l’expérience semble prouver le contraire …
En conclusion, si l’émission « Mise
au point » a pu dresser un état des lieux, je reste sur ma
faim quant aux aspects préventifs de la sécurité routière pour que soient
évités des drames de la route. Alors, M. HERBERT, que vous le veuillez ou
non, PEVR vivra longtemps encore, au même titre que le GAR, RED, NDSR, PLR,
SEBACTION, FEDEMOT, … Nous tous, avons
encore du pain sur la planche pour essayer de combler les lacunes qui
existeront toujours au sein de notre système.
Albert GILLIQUET
Vice-président du GAR