Mais où se
planquaient-ils donc ?
Pour
la 4ème année consécutive, le GAR (en collaboration avec RED et
NDSR) a organisé, durant ce dernier Réveillon de la St. Sylvestre, son service
de retour à domicile (Routy Service). En quelques mots et pour celles et ceux
qui l’ignoreraient encore (?), l’action, exclusivement
menée par des bénévoles, consiste à rapatrier chez elles des
personnes qui ont peut-être un peu trop arrosé l’événement. Dans le présent
article, il n’entre pas dans nos intentions de redéfinir ce qu’est la
limite légale permise (taux d’alcoolémie au-delà duquel l’automobiliste
est en infraction s’il conduit), ni de nous étendre une ixième fois
sur les dangers de la conduite en état d’ivresse. Nous en avons moult fois
parlé mais nous y reviendrons, c’est d’ores et déjà certain.
Outre le fait que ce Routy Service a rencontré un très vif succès (198 personnes reconduites avec 8 véhicules), nous avons également été très surpris par son extension géographique : il serait facile de dresser un inventaire quasi exhaustif de l’origine des demandes, donc des communes d’où émanaient les réservations (Liège, Bassenge, Fouron-le-Comte, Neuville-en-Condroz, Flémalle …, sans compter un appel de … Lokeren !). C’est la traduction d’une « publicité » accrue et mieux orchestrée, afin de ne plus confiner ce service à la seule région verviétoise et à ses alentours immédiats. Mais nous voulons surtout y voir l’intérêt croissant du public en faveur de ce genre d’action : en effet, il est désormais acquis que la population se rend (enfin ?) mieux compte des dangers de la consommation d’alcool au volant, et les accidents dont elle est la cause frappent les esprits bien davantage qu’il y 4 ans par exemple. Il faut dire que la campagne Bob de l’IBSR y est assurément pour beaucoup. En ce qui concerne le GAR, nous nous félicitons de notre collaboration avec les RYD qu’on ne présente plus : ceux-ci orientaient vers nous certains appels de la région liégeoise, l’inverse étant vrai pour les zones que nous ne couvrions pas.
Gros
bémol à ce tableau idyllique :
au-delà de toutes ces considérations, nous restons convaincus de l’énorme
importance de la police en matière d’alcool : si l’accident d’autrui
peut faire réfléchir, l’amende, elle, décourage car comme me disait le
Commandant de Nève « c’est en allant dans le portefeuille des
gens qu’on peut parvenir à les toucher ». Cette conclusion,
pour simpliste qu’elle paraisse de prime abord, n’en est pas moins très
vraie : si le prix de quelques bières (env. 5€ pour 4 verres (par
exemple) ne représente presque rien dans un budget, celui d’une amende
(disons 125€ au min.) par contre est susceptible de créer un véritable trou
(un gouffre ?) dans la majorité des prévisions financières,
optimistes ou non.
La police en est très consciente et si elle use de la sensibilité des téléspectateurs par des images d’accidents (surtout en période de fin d’année), elle compte également beaucoup sur l’aspect financier de la question pour décourager les consommateurs : ceux-ci acceptent facilement les dépenses propres à fêter une St. Sylvestre, pas celles d’une infraction en résultant.
Or,
que constate le GAR ? Il est aussi formel qu’ébahi :
sur 4 ans, aucun bénévole participant au Routy Service (donc conducteur de
véhicule multiplaces) n’a été contrôlé, qu’il s’agisse
d’alcoolémie ou d’autre chose ; une seule exception, l’année dernière
lorsque l’un de nos bénévoles, arrêté, a dû souffler : son taux était
évidemment nul et ayant ajouté un franc (trop peut-être ?) « manquerait
plus que ça ! », le policier a cru bon - probablement pour
trouver au moins une infraction à tout prix -
de vérifier complètement les documents de bord, en vain d’ailleurs.
Cette
année, le kilométrage parcouru par l’ensemble de nos véhicules au cours du
dernier Réveillon s’est élevé à 1800 km, tandis que les zones téléphoniques
couvertes étaient les 087, 04 et 080. Cela fait quand même beaucoup de trafic
pour une absence totale de contrôle. En outre, le témoignage de JM PIROLI
(responsable RYD) est cinglant : « la
police, où était la police ?! Pas de contrôle, rien de
rien. J'ai parcouru beaucoup de km cette nuit là dans la région de Marche
pourtant réputée pour les accidents et je n'ai rien vu ».
Malgré notre habitude relative de ce genre de pratique, nous restons
consternés face à cette carence des autorités.
Personnellement, cette situation me paraît presque surréaliste : d’un côté, pendant 2 mois, les médias de tous ordres nous assomment à grands coups d’images chocs ou de messages prétendus efficaces, avec des hommes en bleu pour en accroître la portée et l’effet; d’un autre, durant la nuit du 31/12 au 01/01, les usagers (pour la plupart rentrés sans encombres) se réjouissent, goguenards, de les avoir évités ! Pas difficile, puisqu’ils étaient absents.
Face à notre étonnement, M.
Marc D’HELT (Président de l’European Police Association) nous écrit ceci :
«… il avait été annoncé que les contrôles d'alcoolémie allaient
avoir lieu également pendant la journée, et ceci explique peut être le
pourquoi vous n'avez pas vu de contrôles pendant la nuit ( dans cette partie là
de la province). Il faut comprendre que des contrôles en journée et la
nuit plus les tâches courantes (et elles sont plus nombreuses ce jour et cette
nuit de réveillon) demande une grande mobilisation de policiers, la zone dans
laquelle vous travaillé, ne manque t'elle pas de personnel ?, comme la plupart
des zones ». Admettons mais alors, ce manque d’effectifs est
flagrant toute l’année : il l’a déjà écrit dans ces colonnes précédemment,
votre serviteur, sur env. 1 million de km parcourus, a été contrôlé 1 seule fois en près de 26 ans de
conduite ! Et ce n’est guère exceptionnel puisque beaucoup de
personnes proches (dont certains membres effectifs du GAR) vivent la même
situation.
Pour en revenir à cette fameuse nuit, j’avoue humblement ne pas
comprendre. Le raisonnement de l’automobiliste qui sait qu’il va fêter ce
changement d’année et boire, peu ou beaucoup, est souvent le suivant : « Pour
fêter ça, je dois être en pleine forme pour la soirée ; je ne bois donc
pas (ou peu ou pas du tout) dans la journée du 31 pour arriver clean à 20 –
21h ». Par conséquent, ce n’est pas vraiment la journée du
31/12 qu’il importe de procéder aux contrôles.
Un autre élément me semble grave dans cette « logique
policière » : nous perdons de vue que le contrôle n’est pas une
fin en soi puisque ce n’est jamais qu’un outil de prévention, quoiqu’on
en dise. Que devient là-dedans le but ultime, à savoir la réduction du
nombre de drames routiers ? Heureusement, elle se concrétise
toujours plus d’année en année, mais ce n’est pas uniquement grâce à la
Police que nous la percevons : elle est surtout le fait des individus,
toujours davantage conscients que la consommation d’alcool est incompatible
avec la conduite d’un véhicule. Pour parler franc, nous pensons également
que des asbl telles que les nôtres (GAR, RED, NDSR,…) sont quelque part à
l’origine de cette diminution du nombre d’accidents. D’ailleurs, elles
n’auraient jamais vu le jour si le besoin ne s’en était cruellement fait
sentir … Alors, il importe d’être clair : ce n’est pas la Police qui
est à la base de cette responsabilisation ; celle-ci a un rôle, important
certes, de prévention et/ou de répression (la peur du « gendarme »
existera toujours). Les usagers sont de plus en plus souvent confrontés aux
tragédies de la route : leurs parents, proches, amis, … en sont
victimes et partant, ils se disent que tôt ou tard, cela peut leur arriver.
Celui qui ouvre quotidiennement son journal, écoute la radio ou regarde la TV,
en découvre suffisamment que pour être quasi dégoûté de prendre la route ;
c’est exagéré, je sais, mais c’est une image et je parle seulement
d’individus « normalement constitués ».
Les fidèles qui ont le courage de me lire chaque mois vont encore me
reprocher d’être excessivement long ; je terminerai donc par 2 « refléxions-bateau »,
de l’acabit de celles que je n’apprécie pas vraiment ; elles prennent
cependant ici toute leur valeur :
Qui que vous soyez, avant d’écrire pour montrer votre désaccord avec
cet article, réfléchissez à ces 2 dernières lignes ; tout compte fait,
ce n’est peut-être si « bateau » que cela.
Albert GILLIQUET
Vice-Président
![]()
Albert,
Je viens de lire attentivement ton
article, j'avais déjà réagi par l'intermédiaire d'un mail à Cécile.
Pour être franc j'avais réagi a
son mail mais après lecture de ton courrier,
je te rejoins sur la plupart des points.
Concernant les contrôles de cette
nuit de Nouvel-An, je suis très déçu de
la réaction de la police et de son
manque flagrant d'activité (du moins dans
ma zone).
Les années précédents j'avoue
avoir été contrôlé a plusieurs reprises mais
contrairement aux chiffres je constate pour ma part une
diminution...j'ajoute que je fais 80.000 km par an donc je sais un peu de quoi
je parle.
Il est clair également que nos
associations jouent un rôle important, mais pas toujours reconnu pleinement,
dans la diminution des accidents. Certains pensent que je suis un adversaire de
l'IBSR mais je dois préciser que je suis un adversaire dans sa forme actuelle,
les statistiques c'est bien mais les actions de terrain c'est mieux!!!
Les différentes campagnes de pub
de l'ibsr sont à mon sens obsolètes dans le fond et dépassées dans la forme.
Je défie un automobiliste de bien comprendre le sens des affiches tant les
messages sont peu visibles. J'ai du me battre pendant un an pour faire
comprendre a ces messieurs une chose
qui te fera tomber de ta chaise si tu n'est pas bien installé...sais
tu que pendant un an j'ai demandé
que l'IBSR (normalement national et non flamand) envoie des personnes
FRANCOPHONES ou au moins PARLANT FRANCAIS...dans la partie francophone du
pays!!!
J'ai pu constaté lors d'actions
menées par nous a Namur que l'ibsr nous envoyait
systématiquement des personnes exclusivement néerlandophones...pour
une sensibilisation a des jeunes Namurois j'ai connu mieux!!
Je dois te dire que je quitte la
Belgique avec soulagement quand je
constate ce genre de conneries.
Bien sur tout n'est pas noir et, la comme ailleurs, beaucoup
de personnes travaillent parfaitement, ne généralisons pas mais parfois, ayons
le courage de dénoncer.
Pour terminer (désolé d'avoir été
long) je te rejoins et je souhaite que nous
puissions faire passer ce genre de messages sans nous fâcher avec quiconque ce
qui est contre-productif.
Merci et a bientôt
Bien à toi
Jean-Marc Pirolli
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