

Mai 2003
Drogue au volant : encore trop de questions
…
Pour l’usager « normal » ( ?), les dangers de l’alcool au
volant sont connus ou supposés tels. Pourtant, le nombre de drames routiers
liés à l’alcool demeure encore trop élevé, malgré la recrudescence
des contrôles de police et les multiples campagnes mises en place.
Les chiffres en témoignent mais ce n’est pas le propos de ces lignes;
pour davantage d’informations, consultez plutôt les statistiques .
Je crois honnêtement que tout, ou presque, a été dit au sujet de la
consommation d’alcool et surtout,
sur ses conséquences sur la conduite d’un véhicule ;
en outre, le médias – qu’il s’agisse de presse écrite, parlée ou
télévisée - ont parfaitement relayé les diverses campagnes anti-alcool,
ainsi que les multiples conseils prodigués par l’IBSR qui, au demeurant,
n’est pas en reste d’affiches tous formats placées le long des routes et
autoroutes. Pour sa part, Bob, ce « chevalier sobre »
a largement concrétisé les espoirs placés en lui, à savoir conscientiser
les conducteurs sur le fait que boire et conduire sont deux activités
totalement incompatibles. Quant à la réglementation, elle devrait être
bien entrée dans les
cerveaux; toutefois,
il n’est pas sûr qu’elle soit parfaitement assimilée par tous
: des confusions existent encore quant au taux légal permis, à la différence existant entre l’alcool
contenu dans les diverses consommations servies, à la quantité d’ alcool
réellement présente dans
le sang, aux moyens légaux de contrôle ou de détection, etc. Par ailleurs,
de larges zones d’ombre planent encore aujourd’hui sur l’imposant
chapitre des amendes et/ou des peines encourues : généralement, on préfère
se fier à ce que réclamera la Police ou … le Tribunal (transactions,
perceptions immédiates, ...). Si
vous n’êtes pas persuadé par ce que j’avance, il vous suffit de poser
l’une ou l’autre question parmi votre entourage : vous serez édifié
et il est à parier que, plus
jamais, vous n’occuperez le siège du passager…
Tout ceci vaut donc pour l’alcool. Mais qu’en est-il vraiment de la
drogue au volant ?
Précisément, on ne peut pas
dire que l’usager soit inondé d’informations concrètes, contrairement au
cas de l’alcool.
C’est à la fois regrettable et paradoxal car si chacun
sait plus ou moins les changements de comportement qu’induisent les substances
psychotropes (quoique … puisqu’ ils sont évidemment fonction de la
nature de la drogue et de la quantité présente dans l’organisme), on
connaît par contre très mal
leur influence
précise sur la conduite
d’un véhicule. Ces derniers mois, les contrôles anti-drogues se sont
multipliés et des sanctions sont prises à l’égard des détenteurs;
ça, c’est une chose.
Concernant les conducteurs soupçonnés (c’est le terme) d’avoir
consommé, ils sont « invités »
à passer différents tests : en plus de signes évidents (yeux, regard,
troubles d’élocution, équilibre en ligne droite, …) mais
toujours subjectifs,
leur urine est également analysée. Cela permet aux verbalisants
de se faire une idée quant à la nature du produit en cause; la dose exacte
est encore sujette à caution, même si une prise de sang peut être réalisée.
Malgré cet inventaire (non exhaustif !), il demeure qu’ un grave défaut
d’information subsiste : par exemple, qu’en est-il des
sanctions prises en fonction de la
consommation effective et du type de drogue. De la même façon, la TV n’a
jamais montré des images d’accidents que l’on pourrait attribuer à la
drogue seule (si je me trompe,
n’hésitez pas à me le faire savoir).
Pourquoi ? Parce qu’il est impossible, en l’état actuel des choses, de
différencier un accident dû à l’alcool (vitesse excessive, confusion de
bande de circulation, …) ou
à n’importe quel facteur propre à un conducteur sobre, d’un autre, engendré
celui-là par des substances hallucinogènes et seulement par elles (il
est vrai, d’après les enquêtes, qu’un drogué se contente rarement de
drogue : les cocktails avec de l’alcool sont monnaie courante).
Compte tenu du fait que les personnes sous l’emprise de drogue sont en nombre
moindre que celles ayant bu, il est assurément plus malaisé d’en définir
les symptômes : ressent-on la même impression de bien-être (bof !),
l’effet anesthésiant est-il semblable, la vision approximative (en tunnel)
est-elle identique, les troubles
d’équilibre sont-ils comparables, la sensation d’invincibilité est-elle
plus grande, réduite ou n’existe-t-elle pas, … ? Autant de questions dont les réponses sont pour
le moins … disons méconnues du grand public.
Au chapitre des peines, elles apparaissent noir sur blanc dans différents
documents. Toujours est-il que ceux-ci souffrent d’une distribution limitée
(voire presque confidentielle) ; quant aux campagnes de l’IBSR, elles
sont pratiquement inexistantes (ce n’est pas un reproche, tout au plus une
simple constatation).
Je me suis souvent demandé si celui qui conduit et consomme (peu ou beaucoup)
ne se fie pas au fait que la législation en la matière reste floue. On dira
qu’il a tort mais de toute façon, il s’en fiche et fonce tête baissée
vers un nouveau drame
dont il sera à l’origine.
Il conviendrait dès lors que l’ autorité plébiscitée à l’issue
du 18 mai (pour ce qui est
de la compétence, on verra à l’usage…) et l’IBSR agissent envers la
drogue comme avec l’alcool : soyez actifs, précis, documentés,
insistants et rapides. Alors, on épargnera
probablement de nouvelles vies …

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