Noêl
est la fête familiale par excellence. Pour beaucoup de personnes, il
manquera quelqu'un à la table, un enfant, un proche, parti trop tôt.
C'est le cas de Geneviève, son fils a été tué par un chauffard un
jour de Noël, il y a 9 ans. Plus jamais, il n'y aura de fête pour
elle, comme pour beaucoup d'autres. Nous pensons aussi à Miguel, tué
le 25 décembre 2004.
Une
souffrance de tous les jours encore accentuée en cette période de
fête.
Voici
ce que Geneviève dédie à son fils, suivi du texte de son frère
Eric.
A mon fils
chéri
j'ai tellement de haine contre
les responsables qui ont protégé l' assassin de Domi
J'ai essayé d'écrire pour lui,
mais mes larmes coulent et je ne veux plus qu'il me voit pleurer,
j'ai tellement mal de savoir :
Qu'il ne sera jamais architecte
Qu'il n'aura jamais d' enfants ,
lui qui en voulait tellement
Je n' arrive pas a pardonner à
l'assassin et surtout à sa famille
La mort de Dominique est bien le
résultat ou la conséquence du fait que cet homme a décidé de
boire , pour moi il avait bu , une analyse de sang 5 heures après
une injection de sérum !!!!!
Il devra rendre des comptes
Il devra se produire
un événement
Sur sa pauvre existence pour
faire contrepoids
La loi de cause à effet
est une loi universelle et immuable
Il est vrai que le temps
n'existe pas
Neuf années sans toi c'était
hier et pourtant....
On voudrait toujours revenir en
arrière
Si tu savais mon fils comme j'ai
mal
Si tu savais mon fils comme tu
me manques
Je voudrais sentir ton odeur
Écouter
ton rire
Te voir dessiner les plans de ta
belle maison
Domi, les gens de la toile
sont si merveilleux
Ma vie, mon Amour, mon enfant,
pardonnes moi si je pleure encore
Je t'aime tellement
Maman
A mon frère
Les
choses changent, les gens aussi parfois.
Mais
le passé lui reste figé.
On
peut y retourner chaque fois que l'on en a besoin pour se souvenir des
gens ou des moments que l'on a aimé à ce moment là.
Quel
sentiment de sécurité et d'apaisement de savoir que les bons moments
que nous avons vécu resterons à jamais dans notre mémoire et dans
notre coeur.
Immuable
comme du cristal .... pour l'éternité...
C'est lorsque je pense à ces moments du passé, que je crois
comprendre un peu le sens de nos vies.
Chaque jour qui passe nous éloigne un peu du souvenir et pourtant ces
moments deviennent de plus en plus fort.
Je comprends aujourd'hui l'importance de ces instants qui paraissaient
si insignifiant alors. Car qu'en il n'y a plus rien, il ne reste
qu'eux...
Alors ces bons moments il faut les saisir, n'en laisser échapper
aucun pour que plus tard, on ne soit plus jamais seul...
Eric
Pour
envoyer un message de réconfort à la maman de Dominique et à son
frère :
Chère Geneviève
Nous
ne nous connaissons que par mails échangés. Tu ne rates jamais de
m'envoyer un mot de réconfort et une pensée pour mon gamin.
A
mon tour de de dédier ce très beau texte qui m'a été envoyé par
les parents de Christophe. Ce n'est pas de nous, il est sur le site de
l'association Jonathan Pierres Vivantes.
Avec
toute ma tendresse et mon amitié
Je
te veux vivante, Maman !
Je
pleure mon enfant qui est mort...
Mais en même temps, j'entends sa voix qui me dit avec une légère
impatience :
"Maman, ne te tracasse pas pour moi,
Maman, n'en reste pas là.
Oui, mon départ t'a fait très mal !
Oui, tu as toujours mal !
Mais tu sais maintenant que c'était un envol non un naufrage.
Oui, je sais ! Cela est inguérissable...
Mais que cela ne t'empêche pas de penser aux autres et aussi à toi.
Continue à cueillir, maman, tous les bonheurs de la vie.
Même
les plus petits, même s'ils ont un arrière goût de cendre parfois.
Fais-toi plaisir, chante, écoute de la musique, crée quelque chose
avec tes mains.
Crée
quelque chose avec ton coeur, avec ta tête !
Sans cesser de pleurer peut-être, mais crée !
Je te veux vivante, Maman ! Que mon départ devienne pour toi source
de vie !
Je t'en prie, ne t'abandonne pas !
Continue, va !
Tu le sais, je suis avec toi tous les jours.
Je
te veux vivante, Maman !
Cécile
et Jean-Pierre Jacob - Parents de Frédéric (Belgique)
Chère Geneviève,
Cher Éric,
Perdre un enfant est
un drame à nul autre pareil. Qu'il vous quitte, en plus, un jour de
Noël, est terrible parce que cette Fête, au caractère hautement
symbolique, évoque immanquablement le rassemblement de la famille.
A tout cela, vient s'ajouter le fait que Dominique ait été victime
d'un usager alcoolisé. La notion de profonde injustice est
alors à son comble.
Et Éric, son frère,
a ces mots : "C'est lorsque je pense à ces moments du passé,
que je crois comprendre un peu le sens de nos vies. Chaque jour qui
passe nous éloigne un peu du souvenir et pourtant, ces moments
deviennent de plus en plus forts.
Je comprends aujourd'hui l'importance de ces instants qui
paraissaient si insignifiants alors. Car quand il n'y a plus rien,
il ne reste qu'eux...
Alors ces bons moments il faut les saisir, n'en laisser échapper
aucun pour que plus tard, on ne soit plus jamais seul...
".
"Retourner le couteau dans la plaie" penserons-nous ?
Non, car c'est au contraire, d'une extraordinaire vérité.
Je ne connais pas les sanctions encourues par cet irresponsable, je
ne sais pas non plus ce qu'a pu faire sa famille pour que vous lui
en vouliez tant, le protéger de manière honteuse probablement,t
? Une chose, cependant est sure : ces gens ne mesureront
jamais votre détresse et pour cela aussi, ils
mériteraient tous de figurer au ban de la société.
Je ne puis vous aider certes, j'espère seulement que ces quelques
mots vous convaincront qu'existent des gens, beaucoup de
gens, qui pensent à vous. Et je suis parmi eux, tout simplement.
Albert GILLIQUET, Vice-président du GAR
Chers
Geneviève et Éric
Je
voudrais vous dire que je suis de tout cœur avec vous en cette période
si douloureuse. Perdre un enfant est la pire des choses que l'on peut
vivre. C'est une souffrance au quotidien. Notre cœur est meurtri
à jamais. Plus jamais rien ne sera pareil. Pour nous il n'y a plus de
Noël, plus de fêtes. Je souhaite de tout cœur que cette journée
passe le plus sereinement possible. Puisse Dominique venir vous faire
à tous deux un petit clin d'œil.
Je
suis de tout cœur avec vous et vous souhaite courage. Le temps passe
mais les souvenirs et la douleurs sont bien présents en nos cœurs.
Lucienne,
maman d'Eddy (Belgique)
Hommage
à Dominique
Dans le rythme immuable des
calendriers, le 25 décembre est synonyme du début de
glissage vers
l’enfer d’une famille dont le parcours est lié à celui
d’un véritable
chaos de ce monde dévasté
par la folie des hommes.
C’est alors que
s’ouvre la saison des tempêtes, d’ouragan, du tonnerre, de la
foudre,
et des glaciations.
Et encore, ces mots ne me semblent pas suffisamment forts pour
décrire le meurtre
d’un enfant. Car, après les désastres naturels on peut
reconstruire,
mais nul n’a
jamais vu ressusciter un disparu.
L’histoire d’une famille
que tout commence au paradis et en espace de quelques
secondes tout
bascule dans l’enfer.
Depuis la macabre découverte
du carnage, on ne sera plus jamais le même,
on est profondément
atteint, au point de vouloir disparaître dans un pays
lointain où on se réfugierait
pour s’isoler à jamais de ce monde impitoyable.
Les parents
subissent d’autant plus les perturbations, ce qui est non
conforme
à la règle
de la nature, quand leur temps de parcours est plus élevé que
celui
de leurs
enfants…et qu’ils sont loin de la ligne d’arrivée…
Dans cette tourmente, sans
avoir les moyens de canaliser notre souffrance,
de temps à autre,
on passe à côté du gouffre pour l’empêcher de sauter ce qui
voulait d’en finir
… Ayant toujours l’envie au fond de soi de sauter …..
On remonte et on lève
la tête pour sortir de l’eau, finalement
on s’y noie dans
une atroce réalité incohérente !
On regarde défiler la vie de
loin : que de solitude, de regard vide,
de dialogue minima
et d’incommunicabilité de nos souffrances avec une société
désaxée! Pour
garder l’apparence, nous devenons des comédiens non
professionnels !
Nous partons un peu
dans tous les sens pour se débarrasser de tout ce qui pèse,
si lourd sur notre cœur
meurtri, à tel point qu’on commence à scier la branche sur
laquelle on est
assis ! Nos espoirs furent anéantis quand la cruauté
humaine arrache
à nos gamins
le droit fondamental d’exister. D’autant plus qu’ils n’ont
pas choisi
librement de s’éloigner
de nous.
Quand ils sont partis, pour
nous, rien n’est fini, on a perdu le contacte avec eux.
Ils restent
invisibles au champs visuel. On ferme les yeux on les voit encore,
on
bouche les
oreilles on les entend encore.
Leur corps nous ont
quittés, ils sont inaccessibles, mais leur amour ne
nous quitteront
jamais, ils resteront toujours dans les cœurs des parents,
des frères et des sœurs.
Très vite un lien invisible se noue avec une
économie de
dialogues, mais capables de communiquer avec
les survivants d'une
autre manière.
L’amour d’un
enfant n’est pas de la fête qui vient une fois par an.
Il est toujours là,
n’importe quand, n’importe où, que le temps soit à l’orage
ou au ciel serein.
Oublier c’est de la poison mortelle, cultiver sa mémoire
c’est l'antidote,
le combat nécessaire
pour sauvegarder afin d’empêcher nos gamins de mourir par oubli
!
Voilà pourquoi nous
sommes ici pour parler de eux , mentionner leur noms,
des noms que la société
a supprimés….Pour dire que nous sommes impatients
de les prendre dans
nos bras, qu’ils ne sont jamais oubliés.
Je suis de tout cœur avec
vous, pour partager ces grandes douleurs.
Le malheur qui nous
est commun , épouvantes des autres humains,
acteurs de cette
guerre affreuse où le mal est leur seul chemin.
Écoute bien cette
voix :
Je fais danser
ton cœur, je te transporterai de ténèbres
à la lumière ,
pour apaiser toutes tes peines , je ne dirai qu’un mot.
Oh ...
Maman, que je t’aime.
Mes pensées les
plus affectueuses et les plus tendres s’en vont vers toi Domi,
Via
Cécile, je suis très touché par ce que vous avez vécu ! Il n'y a
pas de mots qui peuvent éponger votre douleur à vous et vos
proches ! LE 25 DÉCEMBRE doit retentir dans votre tête
et vos entrailles ....et celui qui a fait cela a - t'il au moins une
pensée sincère pour vous ? Vous prendrait - il la main ? Vous
demanderait - il pardon ?
Non
même pas, les victimes deviennent alors responsables et
les responsables deviennent victimes, c'est trop injuste !
C'est lâche ....!
Sachez
que vous n'êtes pas seule ! Trop de parents sont meurtris et
se joignent à vous ..! Je fais partie de
ceux - là et croyez - moi je suis vraiment de tout cœur avec vous
car je sais ce que c'est que la chair arrachée sur une maman !
Je
ne rajouterai rien Geneviève, sinon que j'allumerai une bougie pour
tous les enfants, pour votre enfant, pour mon enfant Emma ...!
Très
cordialement
Guy
le papa d'Emma (France)
Chers
parents de Dominique,
La vie vous a durement frappé un jour où nous devrions être
heureux. Je suis de tout cœur avec vous en ce Noël synonyme pour
vous de douleur. Bien que nous tous ici soyons dans la peine en ce
jour de Noël car l'absence de nos enfants se fasse encore plus
sentir ce jour là, je pense fort à vous.
Bien sincèrement, mes pensées vont vers Dominique en ce jour de
Noël
Nicole, maman de Véronique assassinée en 2002 France
Cécile
Jacob, fidèle à elle-même, attire mon attention sur la Noël
de Geneviève. Sans la connaître vraiment et dans le contexte de
Notre-Dame en Chemin, je tiens à lui dire
l'espérance
: dans le cœur de la nuit, il y a une étoile, qui porte un nom
aimé.
J.
Bodeson
Chanoine
et prêtre de la chapelle dédiée aux victimes de la route
"Notre-Dame
en Chemin" à Boncelles (Belgique).
Chère Geneviève,
cher vous tous
Cela fait déjà
quelques années que nous nous connaissons
Au travers des différents
Emails que nous nous envoyons
Et les mots sont
toujours difficiles à trouver pour rendre hommage à Domi
Un garçon
merveilleux, un garçon intelligent, un garçon sans problèmes
A qui l'on arraché
la vie au printemps de son âge
Tu ne sembles pas
toujours apaisée et nous en savons la raison
Son absence te fait
souffrir comme son odeur, son sourire
Tu ne peux plus
l'embrasser ni le serrer tout contre toi
La chair de ta chair
s'en est allée, victime de la bêtise humaine
Et tout s'est mis au
travers de ta route ce jour-là
Tu as dû batailler
ferme et longuement pour aboutir à la vérité
TU Y ES ARRIVÉE:
comme il doit être fier de toi
Mais cela ne te
suffit pas, c'est lui qui te manque
Nous serons en pensées
avec vous ce 25 décembre vers 23h30
Nous vous embrassons
très fort amicalement
Rose-Mary et
Arnaldo (parents de Christophe) Liège-Belgique
Sans
doute la plus âgée des maman mais la plus jeune du GAR, je découvre
petit à petit, mes compagnes et compagnons de souffrance. Je découvre
aussi les nouveaux et nouvelles amies de Philippe. Comme ils sont
nombreux ! Notre terre n'est-elle qu'un immense tonneau des Danaïdes
où la folie de l'homme précipite nos petits sans discernement sur
leur pureté, leurs rêves, leurs espoirs, leurs projets.
Pourquoi le tien, pourquoi le mien, ceux-là qui avaient droit à
tout alors qui survivent les sans droits.
Il nous reste à manger ensemble notre "sac de charbon",
ensemble, ensemble, ensemble, comme eux, la haut.